Je suis en colère contre Cyrulnik. Ou plutôt contre les gens qui parlent du concept de résilience. Les journalistes aiment les généralités. Ils aiment parler de ce qu’ils ne connaissent pas. Ils aiment dire des choses inacceptables. J’écoute leur admiration pour la créativité de Jeanette WInterson. Une créativité née du puritanisme américain. Jeanette Winterson n’a pas l’air malheureuse, malgré ses expériences douloureuses. Ce qui manque aux écrivains français, c’est du vécu, de la souffrance, des interdictions. Mais ne devrait-on pas plutôt renverser la perspective ? Jeanette Winterson a du talent ; et si elle avait été plus heureuse, elle aurait peut-être écrit autre chose, autrement. Elle n’avait pas besoin de souffrir, elle n’avait pas besoin d’une vie difficile. Elle a réussi à faire de ses blessures une force vitale, mais ça n’enlève rien à la maltraitance, à la douleur insupportable. Ca ne justifie pas ce qui lui est arrivé. Elle aurait pu aussi en mourir de désespoir. Selon les journalistes, ses dépressions tiennent de l’anecdote. Mais comment peut-on dire tout ça autour d’une table en buvant un café?
C’est sans doute moi qui manque de perspective. Sa vie fait écho à la mienne et j’aimerais tant pouvoir tout effacer de ma mémoire. Je n’arrive plus à supporter les bons souvenirs. Ils me rappellent que c’était sans eux. Ils me rappellent l’indifférence de mes parents à mon bonheur. Leur mort n’y changera rien. Jamais.
C’est sans doute moi qui manque de perspective. Sa vie fait écho à la mienne et j’aimerais tant pouvoir tout effacer de ma mémoire. Je n’arrive plus à supporter les bons souvenirs. Ils me rappellent que c’était sans eux. Ils me rappellent l’indifférence de mes parents à mon bonheur. Leur mort n’y changera rien. Jamais.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire