vendredi 18 mai 2012

J'avais souvent écouté des amis me dire que le passé importait peu, qu'on avait tous souffert pendant l'enfance, que nos parents étaient imparfaits, que les traumatismes étaient fréquents. Et qu'il fallait laisser le passé derrière soi. Eux semblaient y arriver. Ils s'étaient construit une vie de couple, avaient acheté une maison, s'étaient installés. Je les avais regardés de loin. Je ne les enviais pas, tout me paraissait étranger, c'est tout. J'avais honte de mon mal-être. J'avais honte de ne pas réussir à tourner la page. J'étais trop sensible, trop défaitiste. J'avais des tendances dépressives, c'était dans la famille. Il fallait que je fasse plus d'efforts et tout irait bien. Mais rien n'allait bien, en réalité. Le monde dans lequel je vivais n'avait aucun sens et j'ai appris à faire semblant d'en faire partie. On me félicitait pour mon adaptabilité, mon esprit d'ouverture. J'excellais à cet exercice. Car c'était un exercice, rien de plus. A l'intérieur, une plaie ouverte, béante, que personne n'avait jamais vue.

jeudi 17 mai 2012

Au début

Pendant longtemps j'ai marché sur du carrelage qui s'effritait; je suis tombée dans l'abîme, encore et encore. On m'a paralysée, puis piétinée. J'ai regardé les trains passer sans jamais pouvoir y monter. J'ai survécu au naufrage. I only survived.